Belgium, Brussels
Faciliter l’auto-stop dans l’enceinte de la ville de Bruxelles, tel est l’objectif de VAP, les Voitures A Partager.
VAP est un projet qui a vu le jour en septembre 2005, à l’occasion de la semaine de la mobilité de Watermael-Boitsfort. Devant le constat d’une circulation automobile en constante augmentation, Claire Van Bellinghen, responsable du projet, s’était demandé dans quelle mesure il lui était possible d’encourager le covoiturage en ville.
Lui est alors venue l’idée de réunir au sein d’un même groupe automobilistes et piétons désireux de partager l’expérience du covoiturage.
L’avantage d’une telle initiative est que, par l’inscription des membres, VAP entend rassurer les usagers sur l’aspect sécuritaire du service. De même, s’instaure peu à peu une communauté autour du service, ce qui favorise l’assistance et la confiance entre ceux qui voyagent ensemble.

Le principe de fonctionnement est le suivant : une fois inscrit (voir ci-dessous la démarche à suivre pour l’inscription), l’usager reçoit gratuitement un numéro de membre et un badge.
Avec cela, il peut participer au projet VAP comme piéton ou comme automobiliste : le piéton fait du stop en montrant son badge VAP et en indiquant si besoin sa destination sur une pancarte ; l’automobiliste, quant à lui, place visiblement sa carte de membre sur le pare-brise de son véhicule et prend l’auto-stoppeur VAP s’il va dans la même direction.

Par ce projet, Claire Van Bellinghen n’a aucunement l’intention de faire concurrence aux transports en commun: il s’agirait plutôt de leur être complémentaire. Le covoiturage peut nous être utile pour parcourir les distances qui nous séparent des stations de transport à atteindre, par exemple pour la commune de Watermael-Boitsfort qui ne dispose que de trois bus pour 80 km de voirie.
A l’heure actuelle, le service restant assez jeune, le nombre d’usagers n’est pas assez conséquent pour être vraiment efficace. Les membres se comptent au nombre de 180 à Watermael-Boitsfort, et de 45 en dehors de cette commune. Si le projet en est encore à un stade expérimental, la perspective d’une augmentation du nombre d’utilisateurs est réelle. Mais au-delà d’un simple but pratique, le projet VAP espère changer les habitudes des usagers de la route en encourageant les contacts sociaux.

L’avantage d’un tel service est qu’il ne nécessite que de très peu d’infrastructures, dans le sens où ce sont les automobilistes qui mettent à disposition leur propre voiture au profit des piétons. VAP ne dispose ainsi que de badges, et de cartes à offrir à ses utilisateurs. Un ordinateur est également utilisé pour stocker les données des inscrits.
Cependant, avec l’aide de certains fonds attendus des pouvoirs publics, Claire Van Bellinghen espère améliorer la qualité du service, en développant un certain nombre de points :
- amélioration de la campagne de sensibilisation (logo, site Internet, tracts et affiches,….)
- extension progressive à l’ensemble de la région bruxelloise. A terme, chaque commune posséderait son centre VAP, permettant le déplacement entre les communes grâce à des lifts successifs
- Développement de meilleurs moyens de communication entre piétons et automobilistes (ex : panneaux indiquant la destination de l’automobiliste)
- Création d’un banque de données plus fiables
- Partenariat (avec taxistop, par exemple)
- En finalité, le service serait pris en charge par exemple par les communes, ou encore la ligue des familles
De par son nombre d’utilisateurs toujours grandissant et ses perspectives concrètes de développement, VAP entend bien se démocratiser jusqu’à, peut-être, disparaître derrière l’enthousiasme collectif pour le covoiturage qu’il aura engendré.